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Tempête sur Alger

l’expédition de Charles Quint en 1541


Histoire

Date de parution : 2011

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ISBN :
978-2-35676-003-6
Nbre de page :
702 Pages
Description du produit

Au moment de son abdication, en 1555, Charles Quint, l’empereur itinérant, évoque les deux expéditions qui l’ont conduit en Afrique. Mais, contrairement à l’expédition contre Tunis de 1535, célébrée par des entrées triomphales et par les tapisseries de Vermeyen, celle qu’il a organisée contre Alger a été un terrible échec militaire. L’événement, relativement méconnu, y compris de l’historiographie algérienne, est retracé à partir de plusieurs chroniques contemporaines, rédigées, voire traduites dès le xvie siècle, en français, en espagnol, en italien, en latin, en ottoman et en arabe. L’une d’elles a été écrite par Villegagnon – plus connu pour sa tentative de colonisation au Brésil en 1555-1559, lorsque, chevalier de l’ordre de Malte, il accompagne l’empereur à la fin de 1541, au temps des Barberousse, dans son assaut contre Alger. Elle permet de suivre, dans le détail, les préparatifs, le déchaînement de la tempête, les opérations militaires, la débâcle finale, le rembarquement piteux.

Mais 1541, année violente, reste toujours, dans une large mesure, insaisissable. La disparition du régime turc en 1830 a élargi l’hiatus dans la mémoire, aboli la marque unique de l’événement, comme si pour ces deux raisons combinées l’événement restait en deçà d’un seuil de la conscience historique et nationale. Car, pour qu’un événement persiste dans la mémoire, il faut que puisse être mis en lumière un projet. Alors qu’il est aisé de comprendre la politique de Richelieu ou de Cavour, on ne sait exactement ce que Charles Quint attendait de son expédition insensée. Les commentaires ultérieurs, quatre siècles après ou davantage, ne permettent guère de trancher, ni de préciser les modalités d’une maîtrise espérée de la Méditerranée. Les Algérois étaient amenés à résister à une agression massive et aveugle. Ils l’ont fait. Mais pour que la mémoire se construise, il faut que le passé soit dans le présent, que les hommes d’aujourd’hui se sentent encore contemporains du passé. Pour des raisons inverses, la tentative espagnole et la victoire algéroise de 1541 n’ont pu survivre ni durer. Quelle place tient un événement dans le temps, dans l’histoire, dans la mémoire du temps, lorsqu’il n’est qu’un échec ?